Le réensauvagement en Europe est passé d’une idée marginale à un mouvement à l’échelle du continent : l’Allemagne, la France et le Portugal restaurent chacun des forêts indigènes à grande échelle. Les approches diffèrent, des terrains militaires abandonnés d’Allemagne aux collines calcinées du Portugal, mais le défi de l’installation reste le même : les jeunes arbres indigènes doivent survivre à l’abroutissement, à la sécheresse et à la concurrence assez longtemps pour devenir autonomes. Ce guide examine comment trois des grandes nations européennes du réensauvagement restaurent leurs forêts indigènes, et la place qu’y occupe la protection des arbres.
L’Allemagne : ramener la forêt indigène sur d’anciennes terres militaires et industrielles
L’histoire du réensauvagement allemand est étroitement liée aux terres dont l’État n’a plus besoin. Les anciens terrains d’entraînement militaire, les bandes de l’ancienne frontière interallemande et les sites post-industriels sont devenus quelques-uns des espaces les plus importants du pays pour la régénération naturelle des forêts. L’objectif national de laisser une partie de la forêt évoluer sans intervention, permettant au hêtre, au chêne et au charme de revenir d’eux-mêmes, va de pair avec des plantations actives là où les semenciers font défaut.
Le point de tension, dans une grande partie de l’Allemagne, ce sont les cervidés et, de plus en plus, un climat qui se réchauffe et met à l’épreuve les semis lors de leurs premiers étés. Là où la régénération naturelle est irrégulière, les gestionnaires plantent des feuillus indigènes et les protègent individuellement, offrant à chaque arbre un microclimat et une barrière contre l’abroutissement jusqu’à ce que le couvert forestier puisse se suffire à lui-même.
La France : restauration à grande échelle et libre évolution
La France conjugue des objectifs nationaux ambitieux de plantation d’arbres avec un intérêt croissant pour le réensauvagement en « libre évolution », où l’on laisse la nature mener. Des projets soutenus par Rewilding Europe et des organismes de conservation nationaux couvrent les mosaïques de type Apennins centraux du Massif central, les forêts humides le long des grands fleuves et la restauration des chênaies méditerranéennes dans le sud.
La restauration française associe de plus en plus le boisement au pâturage et à l’agriculture, un terrain naturel pour les systèmes d’agroforesterie où des arbres indigènes épars doivent s’installer parmi le bétail. Dans ces conditions, une protection robuste n’est pas facultative : un tube de protection doit résister au bétail comme aux cervidés, tout en laissant l’arbre respirer.
Le Portugal : reconstituer la forêt indigène après le feu
Au Portugal, le réensauvagement est indissociable des incendies. Des décennies d’abandon rural et de monoculture d’eucalyptus ont laissé de vastes zones vulnérables à des feux catastrophiques, et la restauration consiste ici à réimplanter des espèces indigènes résistantes au feu, chêne-liège, chêne vert et pin indigène, qui retiennent le sol et ralentissent les flammes. Des initiatives à l’échelle du paysage dans la grande vallée du Côa tissent des corridors de forêts en cours de rétablissement à travers le nord-est.
Le défi portugais, c’est la chaleur et la sécheresse. Les chênes nouvellement plantés affrontent des étés brûlants et peu de pluie, et les deux ou trois premières années décident de leur survie. Un tube de protection qui ombre la tige, réduit les pertes d’humidité et protège du chevreuil et du lapin peut faire la différence entre une plantation ratée et un jeune boisement fonctionnel.
Ce que le réensauvagement à grande échelle implique pour la protection des arbres
Dans les trois pays, la même tension traverse le réensauvagement : on veut que la nature reprenne le dessus le plus vite possible, mais la phase d’installation a encore besoin d’aide. La protection que vous choisissez doit faire son travail, puis s’effacer. Les protections plastiques classiques créent un problème de récupération : des milliers de tubes à collecter sur des terrains reculés, souvent escarpés, fréquemment laissés à se fragmenter dans le sol. C’est l’inverse de ce que vise un projet de réensauvagement.
C’est pourquoi une protection biodégradable dans le sol convient si bien au réensauvagement. Les tubes de protection Vigilis Bio protègent l’arbre pendant l’installation, puis se dégradent sur place, sans laisser de plastique à collecter ni à disperser dans un paysage restauré. Là où la pression d’abroutissement est forte et où la circulation de l’air compte, les manchons grillagés assurent la protection sans retenir la chaleur, un atout sur les sites plus chauds du Portugal et du sud de la France. Pour une approche espèce par espèce de la protection adaptée aux arbres indigènes, notre guide d’application réensauvagement va plus loin.
Le réensauvagement en Europe ne fera que s’accélérer à mesure que la loi européenne sur la restauration de la nature imposera des objectifs nationaux. Que vous restauriez le hêtre en Allemagne, le chêne en France ou le chêne-liège au Portugal, le principe d’installation reste le même : protégez les jeunes arbres avec des matériaux qui travaillent avec le paysage, et non contre lui. Pour définir la protection d’un projet de forêt indigène, contactez votre distributeur Vigilis local.